Une des sales guerres : Algérie 1954- 1962!


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Boris Vian

 

                                                                               

Boris Vian - Le Déserteur -


Monsieur Le Président, je vous fais une lettre que je vous lirai peut-être si vous avez le temps.
Je viens de recevoir mes papiers militaires pour partir à la guerre avant mercredi soir.
Monsieur Le Président je ne veux pas la faire, je ne suis pas sur terre pour tuer des pauvres gens.
C'est pas pour vous fâcher, il faut que je vous dises ma décision est prise, je m'en vais déserter.
Depuis que je suis né, j'ai vu mourir mon père, j'ai vu partir mes frères et pleurer mes enfants.
Ma mère a tant souffert qu'elle est dedans sa tombe et se moque des bombes et se moque des verres.
Quand j'étais prisonnier, on m'a volé ma femme, on m'a volé mon âme et tout mon cher passé.
Demain de bon matin, je fermerai ma porte au nez des années mortes, j'irai sur les chemins.
Je mendierai ma vie sur les routes de France, de Bretagne en Provence et je dirai aux gens :
Refusez d'obéir, Refusez de la faire, N'allez pas à la guerre, Refusez de partir.
S'il faut donner son sang, allez donner le vôtre, vous êtes bon apôtre, Monsieur Le Président, si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je n'aurai pas d'armes et qu'ils pourront tirer." />

Boris Vian (1920 - 1959)


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 L'indépendance et la lute pour la démocratie

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Mohamed FELLAG

Mohamed Saïd Fellag, de son vrai nom Mohand Fellag, né le 31 mars 1950 à Azeffoun, wilaya de Tizi-Ouzou, est un acteur, humoriste et écrivain algérien d’origine amazighe.

Mohamed Saïd Fellag est natif de la région de la Kabylie (Commune Azeffoun, Aarch Aït Djennad, Wilaya de Tizi-Ouzou). Il fait des études de théâtre à l'Institut national d'art dramatique et chorégraphique d'Alger, à Bordj el Kiffan, de 1968 à 1972. Il se produit dans de nombreux théâtres d'Algérie au cours des années 1970.

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De 1978 à 1981, il voyage en France et au Canada, vivant de petits emplois et repoussant sans cesse la réalisation de ses projets artistiques. En septembre 1985, il retourne en Algérie, est engagé par le Théâtre national algérien, où il travaille en tant que comédien et metteur en scène.En 1987 il crée son premier spectacle, Les Aventures de Tchop.

En septembre 1993, il est nommé directeur du théâtre de Béjaïa (Bougie). Après la révolte d'octobre 1988 puis, au début des années 1990, avec la montée des tensions entre les islamistes et le pouvoir, violences et assassinats se multiplient. En 1994, Fellag part en tournée avec Un bateau pour l'Australie, en Algérie et en Tunisie. À la fin de l'année il s'établit à Tunis où il crée Delirium. Il reçoit un accueil chaleureux du public tunisien.

En 1995, menacé de mort, Fellag décidera de s'exiler à Paris.

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On associe souvent Mohamed Fellag avec son spectacle Djurdjurassique Bled, son premier spectacle en français, créé en décembre 1997, qui lui vaut le prix du Syndicat de la critique 1997-1998, révélation théâtrale de l'année. Dans ce spectacle, il raconte en différentes étapes l'histoire de son pays natal, ses angoisses, ses folies et l'humanité de son peuple

Une reconnaissance nationale

Fellag connaît une très grande notoriété en Algérie. Fellag traite sans complexe et avec finesse les thèmes qui agitent l'Algérie et les Algériens, tels que les abus de pouvoir, les rapports entre hommes et femmes, les frustrations des jeunes, etc., tout cela en employant parfois un vocabulaire très cru. Après les émeutes d'octobre 1988, alors que des militaires et le président algérien sont présents dans la salle, il supplie les femmes de pardonner aux hommes :

« Excusez-nous. Maintenant vous pouvez vous habiller comme vous voulez. Vous pouvez même ne pas vous habiller du tout. »

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Les hommes restent muets et sans réaction. À partir de là, les dénonciations de Fellag se multiplient. Il n'épargne ni la politique ni les islamistes.

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COMMENT REUSSIR UN BON PETIT COUSCOUS  DE MOHAMMED FELLAG

« Sous le prétexte tiré par les cheveux coupés en quatre qu’un sondage qu’il vient de lire dans un journal et selon lequel le couscous serait devenu le plat préféré des français, un personnage loufoque, sorti d’on ne sait où, prétend que le résultat de ce sondage est un aveu, un signe d’affection des français de souche envers les maghrébins. Partant de ce constat, il vient nous faire une conférence sur une vision nouvelle de l’intégration, une philosophie nouvelle sur les rapports entre les français de souche et les souches françaises d’origine maghrébine, ainsi que l’origine berbères du couscous… Ay ay ay, je pédale dans lasemoule ! enfin vous voyez ce que je veux dire, où je veux en venir et bien, moi non plus ! Tout ceque je sais c’est que ce délire couscoussien part dans tous les sens…Pour notre plus grande joie à tous ! Enfin, je l’espère »!

BOUTEFLIKA

Fellag, Châteauvallon le 25 mars 2007

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« Dans le parler populaire, l’italien est un macaroni, l’anglais un rosbeef et le maghrébin un couscous. Recroquevillées derrière ces archétypes de l’émigré se dissimulent toutes les peurs liées à la différence.

Dans Comment réussir un bon petit couscous, Fellag, utilise la métaphore culinaire de manière poétique et burlesque. Il nous entraîne dans l’analyse comique de ces craintes infondées.

Fellag propose d’aller fouiller nos différences pour revenir finalement à notre point commun à tous : l’humain.

Nous passons au tamis ethnologique, linguistique, géopolitique, psychanalytique les peuples de la zone couscous. »

Bruno Ricci, le 3 octobre 2007